Archive for Avant le départ

Partir à reculons

Un billet d’avion pour le Mali. Avec mon nom dessus. Il y a quelques années, j’aurais sauté de joie à l’idée d’avoir un boulot qui m’offre ce genre d’opportunité. Aujourd’hui, oui j’ai quelque part au fond de moi une envie d’Afrique, de ses odeurs, de ses couleurs. Mais j’ai surtout l’angoisse immense d’être à mille lieues du petit bonhomme dont je n’ai jamais été séparée plus de quelques heures depuis sa conception.

C’est si court, deux semaines, pour se rendre à l’autre bout du monde travailler avec des collègues maliens. C’est si long, deux semaines, quand on songe que c’est 15 dodos sans son enfant.

Je l’avoue, j’ai déjà un peu méprisé ceux pour qui occupaient leurs temps libres en travaillant sur leur terrain. Aujourd’hui, je comprends que le bonheur, c’est mon bébé qui fait bye-bye aux branches des arbres quand le vent les fait bouger, qui tape des mains en disant Bravo quand on va vider les chaudières accrochées à notre érable, qui se couche sur le dos en riant dans la bouette de notre gazon-plus-brun-que-vert. Ces semaines de printemps, je les aurais volontiers consacrées à embellir ma cours avec mon chum et mon fils plutôt qu’à parcourir le monde.

P.S. Je ne voyage pas seule. Eh oui, l’Afrique avec un bedon devient une habitude. Cette fois-ci, il est à peine visible… mais le petit cœur qui bat bien caché au fond de mes entrailles est bel et bien présent et m’accompagnera dans ce périple.

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Une fois le tour du soleil… le plus grand des voyages

Ma petite révolution autour du soleil est terminée. 13 février 2010, je partais en congé pour une année entière. 14 février 2011, je retourne au travail.

Oui, ça fait peur. C’est stressant aussi. C’est une révolution, mais elle me ramène à mille lieues du point de départ.

Pendant cette année, je suis devenue mère. J’ai tenté de rester femme en même temps. J’ai appris à accoucher, à donner mon lait, à me réveiller la nuit sans rouspéter,  à faire des purées, à coudre, à admirer les plafonds partout où je passe, à bercer, à aimer sans borne.

Je crois pouvoir affirmer que la maternité, malgré ses hauts et ses bas inévitables, me va bien. J’espère pouvoir en dire autant de la mère de famille au travail que je m’apprête à devenir.

« Conciliation Travail-Famille ». Ce n’était qu’une belle expression abstraite. Je ne me doutais pas qu’elle cachait autant d’appréhension, d’espoir et de défis. M’y voici!

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Matérialisme

Aller en Afrique, c’est un peu faire un pied de nez au matérialisme occidental. Nous n’avions vraiment pas grand chose au village. Quelques vêtements, une pharmacie bien garnie, un peu de quoi permettre aux cuisinières de préparer les repas, un freesbee et un ballon de volley. Ah oui,  un ipod et une caméra numérique.

On est rarement confronté à une telle pénurie de matériel dans notre société. On achète, même si c’est « utilitairement redondant » dans notre existence. Tout est là, tout est disponible, tout est pensé pour qu’on veuille encore plus de cossins. Au dep de Sambara, il y avait du thé, du sucre, du sel, des dattes et parfois des suçons. C’est rafraîchissant de constater que l’on peut vivre, et bien vivre!, avec aussi peu.

Je m’étais promis de faire une place à ce non-matérialisme dans mon existence post-Mali. Et puis est arrivé le Maroc. Le souk de Marrakech. Et les belles assiettes en tadelakt, une céramique locale. Des assiettes noires, rectangulaires, avec les coin en argent. Je me suis vue recevoir des amis, j’ai imaginé ces assiettes sur la table de notre condo-dans-une-ancienne-usine-avec-les-murs-de-brique-et-le-béton. Elles étaient parfaite. Uniques! Bye bye résolutions de non-matérialisme, il a fallu sortir les billets, même après des heures de négociation. C’est que le tadelakt est un produit artisanal précieux et les marchands marocains sont de féroces négociateurs.

Le lendemain du retour à Montréal, délicieuse lasagne et souper bien arrosé, on sort les assiettes pour les étrenner. Le look, sur la table de notre super condo-dans-une-ancienne-usine-avec-les-murs-de-brique-et-le-béton est saisissant. Elles sont vraiment belles. Et puis craccc… sous l’effet de la fourchette, un premier morceau d’assiette qui s’égrène. Et puis crouiiiiiiiiiiiik, la trace du couteau qui laisse son empreinte. On mange un morceau de lasagne et on se rend compte que sous l’effet de la chaleur, la teinture de l’assiette fond et disparaît.

C’était, disons, l’échec du matériel…

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Statistiques

Ce blogue est équipé, par défaut, d’un petit outil qui collige des statistiques sur les visiteurs. Par exemple, la page qui vous intéresse le plus est « Qui suis-je ». J’aurais peut-être dû en profiter pour y mettre un peu de contenu…

En trois mois, vous avez été exactement 800 à venir me lire (merci maman, pour tes 750 visites qui me donnent l’impression d’avoir un public!) et en ce moment, puisque je suis de retour et que je n’écris rien, je reçois environ 1 visiteur par jour.

Mais la statistique la plus intéressante concerne les recherches Google qui mènent vers ce blogue :

Le visiteur d’aujourd’hui a atteri ici en googlant textuellement : « quelle hauteur de cloture faut il pour accueillir une biquette ».

Sympa.

M. le visiteur, pour la hauteur, je n’en sais franchement rien. Biquette avait un arbre et une corde d’ailleurs beaucoup trop courte. Par contre, j’aimerais bien avoir une photo de votre biquette, quand elle aura son p’tit coin de jardin clôturé. J’espère que vous ne la boufferez pas, celle là. Vous pourriez, si ça vous chante, la baptiser Guy Séguin dit Biquette 2ème, en mémoire de feu Guy Séguin dit Biquette 1er.

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Au jour 101

Je suis rentrée, de retour, à la maison. Il s’est passé pas mal de trucs depuis mon dernier article… Quitter Sampara (oui, on a tué et fait cuire Biquette, non, je n’ai pas été capable d’en manger). Les stagiaires qui sont partis (et moi, telle une maman esseulée, qui se réveillait la nuit parce que je les comptais dans mes rêves et qu’il en manquait toujours un). Mon amoureux qui est venu me rejoindre en sol africain (l’accueillir à l’aéroport de Bamako à 3h du matin, lui faire subir, dès le lendemain 6h, l’infernal (ou épique, c’est selon!) trajet Bamako-Mopti en autocar). Notre aventure, au-delà des sentiers battus, dans le désert de Tombouctou (oui oui, ce blogue porte désormais fièrement son url avéré). Le retour à Sampara, le temps de faire connaître le village à ma douce moitié et ma douce moitié au village (Wala Samaké! Wala Samaké! Wala Samaké! Tout juste si je ne signais pas des autographes…). La découverte du Maroc (quel bel atterrissage en douceur vers chez moi, entre Afrique et Europe, ce pays m’a charmée). Je sais, j’affectionne les parenthèses et les points de suspension.

Bref, j’ai encore à dire. C’est le jour 101, le titre de ce blog est  désuet. Mais, griffonnées dans mon carnet rouge, entre les listes de condiments, les prévisions budgétaires et les adresses d’hôtels, j’ai quelques anecdotes en banque. Le blogue est mort, vive le blogue!

Aujourd’hui, au jour 101, entre :

-Me réveiller brutalement à 6h – vive le décalage!

– Réqpprendre q utiliser le clqvier qwerty…

– Répondre à la fatidique question « Pis, c’était comment? »  – Euh… Y’a faite ben beau, la plage était belle pis l’hôtel propre, le buffet était bon, sont tu fins un peu les cubains!

– Téléphoner au boulot pour dire que je suis toujours vivante.

Je vais trouver quelques minutes pour enfin agrémenter les articles précédents d’images que je crois pertinentes et que j’espère vous ferons un peu mieux découvrir mon Afrique.

Bonne journée!

Wala

P.S. Heureuse d’être rentrée, pour les gens que j’aime, pour Montréal c’est toi ma ville, pour mon petit chez moi où il y a une douche chaude. Triste aussi, mais pas trop, sachant qu’il y aura des prochaines fois…

Sambara, vu depuis le fleuve asséché

Sambara, vu depuis le fleuve asséché

Les rues du village...

Les rues du village...

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Voir le fleuve

Le vendredi, c’est jour de congé pour les toubabous de Sambara. On se cache dans la brousse et on fait notre réunion d’équipe suivie de la fameuse surprise québécoise. Ce n’est pas que le riz n’est pas bon, mais… ce petit moment à un je ne sais quoi de très agréable!

En quête d’un peu plus d’aventures, ou peut-être pour sortir un peu du village et s’aérer l’esprit, nous avons l’autre vendredi demandé la direction du fleuve Niger. Google Maps nous avait déjà aiguillé sur le fait qu’il est situé à distance raisonnable de Sambara, mais sans clavier ni souris, il fallait se fier à une direction pointée par le doigt d’un villageois. Il a d’abord fallu convaincre tout le village que oui, on est capable de marcher, que non, on ne se perdra pas, que oui, on est capable d’y aller seuls, que non, il ne fait pas trop chaud, puis on a enfin mis le cap direction fleuve Niger.

Après deux heures d’errance dans la brousse malienne, des petit cornets au sucre d’érable mangés à l’ombre d’un accacia et quelques coups de soleil bien visibles, il n’y avait toujours aucune trace d’eau. Le Sahel, que le Sahel. Nous avons bifurqué vers un minuscule village qui se pointait le nez à l’horizon. J’essayais de préparer comment expliquer (en peul), à ces villageois, qui sont les huit blancs qui sortent de nulle part au milieu de l’après-midi. Des extra-terrestres n’auraient pas été plus inatendus, dans ce petit bled perdu au milieu de la brousse! Et voilà que les gens se mettent à sortir des maisons, les enfants courent avertir les voisins, tout le village se pointe le bout du nez et, avant même que je n’entame quelque explication, une petite fille me dit : Wala Samaké! Wala Samaké! Des extra-terrestres? Plutôt des rock stars! Nous avons appris que certains enfants de ce village vont à l’école de Sambara, connaissent nos noms et racontent à tout le monde nos moindres faits et gestes.

Il se faisait tard et nous sommes rentrés au bercail, sans avoir vu le fleuve Niger, mais désormais conscients que les toubabous de Sambara sont connus dans toute la commune.

Expédition vers le fleuve prise 2 suivra bientôt si Internet est accessible d’ici mon retour au village… a+

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Les départs

Partir… le mal inévitable pour transiter vers une arrivée, vers un ailleurs. Demain à Casablanca, jeudi à Bamako. La grande aventure est commencée!

Pas facile de laisser les proches derrière, mais retrouver l’Afrique, ses odeurs, ses couleurs, ses sons… j’ai hâte! J’espère être en mesure de mettre ce blogue à jour au fil de mes péripéties. Vous faire goûter à mes aventures.

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La vie manque parfois de timing. C’est en célébrant mon départ vers le Mali que j’ai eu vent du fatal plongeon. De ceux qui partent, il faut se souvenir… Oli, ton esprit en constante ébullition m’a un jour touché. J’en garde la marque à jamais, promis.

Ciao, Nuino!

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