Archive for octobre, 2010

Big Bird et l’allaitement

« Qu’est-ce que tu fais? » Les enfants ne sont pas mal à l’aise face à l’allaitement. Ils sont curieux. Ce sont les parents qui ont un sourire gêné et qui tentent de rappeler leur progéniture auprès d’eux. Je  leur dis toujours que non non, ca ne me dérange pas du tout, bien au contraire.

« Il boit du lait. »

Les plus vieux font « Ah » et puis s’en vont. Les plus jeunes s’approchent très près, regardent sans pudeur et répètent tout ce que je dis, comme si ça allait de soi.

« Ben oui… il boit du lait. »

« C’est un petit bébé, alors j’ai du lait pour lui dans mes seins, il aime beaucoup son lait. »

« Ben oui, il aime beaucoup son lait. »

Et quand ils en ont assez, ils repartent comme ils sont venus. Je trouve ça chouette qu’ils soient en contact avec ce geste si naturel, que ça fasse partie du paysage de la normalité.

En 1977, Sesame Street faisait la même chose. (via Bien vivre l’allaitement)

J’aurais jamais cru trouver un jour Big Bird aussi cute!

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Douce vengeance

J’aimerais bien qu’on m’explique d’où provient la panique générale pour être le premier à entrer dans l’avion.

Arriver en premier à destination? euh.

Avec un jeune enfant par contre, c’est une quasi nécessité. On a laissé la poussette avant d’emprunter le corridor qui mène à l’appareil et on se débrouille autant que faire se peut entre un bébé qui gigote et des sacs trop lourds qui ne contiennent pourtant que l’essentiel. Pouvoir ranger ses affaires sans que le poupon ne se fasse arracher la tête au passage par un voyageur qui veut être le premier à atteindre son banc, ce n’est pas un caprice. Tout comme pouvoir déposer son enfant sur un siège libre quelques secondes, le temps d’organiser l’espace de manière à avoir le nécessaire à portée de main : couverture, couches, jouets, nourriture, débarbouillette.

Mais pour les vacanciers trop fiers de leur statut « business », ça donne quoi de se précipiter devant la jeune maman seule avec son bébé?

Je me suis fait carrément bousculer par un homme dans la trentaine, avec son attaché case comme unique compagnon de voyage, qui a jugé que même si les famille avaient été appelées, il avait le droit de passer devant tout le monde grâce au petit sticker orange fluo sur sa carte d’embarquement. Il n’a rien compris à mon regard assassin quand j’ai poireauté derrière lui dans le mince corridor de l’avion, le temps qu’il prenne possession de son large fauteuil de cuir à l’avant de l’appareil.

Oh que la satisfaction a été grande quand nous sommes arrivés à PET, qu’une interminable file d’attente se dressait devant les douanes (au moins deux heures, nous a-t-on dit) et que je suis passée devant lui avec mon bébé endormi, accédant en deux petites minutes à un douanier après avoir utilisé le corridor express réservé aux jeunes familles.

En me glissant sous ma couette, à la maison, je me suis demandée s’il avait finalement pu traverser les douanes ou s’il était encore en train de faire la file avec son attaché case.

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Lettre à mon papa

Hola papa,

On passe de super vacances maman et moi. J’adore notre chambre parce qu’il y a un ventilo au plafond. Par contre, il tourne soit très vite ou soit pas du tout alors maman l’arrête souvent. Peux-tu lui dire que ça ne me dérange pas qu’il tourne rapidement s’il-te-plaît?

La nourriture n’est pas fameuse, les ananas sont surettes et maman a essayé de mélanger mes céréales à une pêche en conserve tout à l’heure. Dégueux. Par contre, j’aime le pain et le melon d’eau est délicieux, mais il glisse des doigts, j’en échappe beaucoup par terre.

Je dois ressembler à une star mexicaine parce que tout le monde me fait d’immenses sourires et veut me voir. Je joue le jeu et leur souris à tous, c’est drôle. Même les belles filles en bikini viennent me parler. Je les suis du regard quand elle s’en vont.

Je dois te laisser, je pars me baigner dans l’océan. Ça c’est comme la piscine du YMCA, mais plus grand encore et dehors avec le soleil. Et ça goûte drôle. Je ne sais pas si tu comprends.

Tu me manques, mais finalement je crois que c’est mieux que tu ne sois pas là : il y a un endroit à côté de la piscine où ils font du jus avec des betteraves et des céleris. Maman aurait insisté pour que tu goûtes, mais moi je sais que tu n’aurais pas du tout aimé ça.

On se revoit dans quelques jours!

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