Archive for janvier, 2010

Enceinte en Afrique : Pratico-pratique

Depuis que je parle de mon bébé voyageur sur ce blogue, je reçois plein de visites de gens qui ont atterri ici après avoir tapé des mots clés du genre « enceinte afrique malaria » sur Google. La grossesse africaine est presque en voie de détrôner Louise-Josée Mondoux (je parlais ici de Vision Mondiale) qui demeure, depuis au moins 6 mois, le premier mot clé qui mène sur mon blogue. C’est pas peu dire!

Voici donc quelques infos pratico-pratique pour les futures mamans qui ont envie de jouer les gazelles sur le chaud continent!

La malaria

C’est la crainte principale qui m’a habité quand est venu le temps de décider si je partais ou non au Mali. J’ai dû visiter tous les sites répertoriés sur le sujet et j’ai consulté deux médecins dans des cliniques voyage en plus du médecin qui suivait déjà ma grossesse. Tous m’ont dit que la recommandation première, c’est d’éviter les zones propices à la malaria quand on est enceinte. Le problème, c’est que la malaria fait diminuer le nombre de globules rouge. Comme c’est à travers eux que le bébé reçoit de l’oxygène… Mais bon, en faisant attention et en se protégeant adéquatement, rien n’est impossible. Après tout, des femmes donnent naissance en Afrique depuis toujours!

Les médecins m’ont rassuré sur la possibilité de prendre des médicaments anti-paludiques pour prévenir la maladie. J’ai fait des recherches et lu les articles scientifiques à ce propos. Enceinte, on dit qu’il est toujours mieux de ne pas prendre de médicament, mais j’ai en tout cas compris qu’il était de loin préférable de prendre de petites doses prophylactiques que de méga doses en traitement si j’attrapais la malaria.

De nos jours, c’est surtout le Malarone qui est utilisé par les toubabs en Afrique. Mais ce médicament n’a pas encore prouvé son innocuité pour les foetus. J’ai donc d’abord commencé par le Lariam (méfloquine) un médicament qui, malgré sa mauvaise presse (beaucoup de gens ne le tolère pas, font des cauchemars, des crises d’angoisse…) demeure le médicament préventif le plus efficace dontre la malaria. Il est aussi utilisé depuis très longtemps auprès des femmes enceintes et les médecins sont à l’aise de le prescrire en cas de grossesse.

Après quelques semaines, je me sentais un peu déprimée… je ne saurai jamais si le Lariam était en cause, mais j’ai préféré le troquer contre de la Savarine (chloroquine-proguanil). Ce médicament n’existe pas en Amérique du Nord, mais est très utilisé par les européens et il est facile de se le procurer au Mali. C’est celui que les Français prescrivent le plus souvent pour les femmes enceinte. Je n’ai eu aucun effet secondaire.

Dans tous les cas, j’ai quand même fait très attention en utilisant beaucoup de Watkins (le DEET est permis pour les femmes enceintes!), en dormant sous une moustiquaire et en évitant de sortir trop souvent le soir.

Et n’empêche que la malaria fait un peu peur, surtout parce qu’on la perçoit comme une maladie exotique… mais tout ce temps je me suis quand même sentie à l’abri de la H1N1!

Les autres bobos

Avec mes médecins, j’ai fait le tour de tous les petits bobos auxquels je pouvais penser :

-Diarrhée du voyageur

-Parasites intestinaux

– Infection urinaire

– Vaginite

– Infection des voies respiratoires

– Blessure infectée…

Ils m’ont prescrit tout ce qu’il fallait en cas de pépin et qui serait compatible avec la grossesse. J’ai bien fait noter les posologies et les médicaments à prendre pour chaque cas. Je suis partie avec une sacrée trousse, mais ça m’a beaucoup rassuré d’avoir tout à porté de main « au cas où ». Finalement, une sinusite qui s’est compliquée m’aura forcé à utiliser des antibiotiques. Le reste, je l’ai remis avant mon départ à des médecins cubaines en poste à Niono qui sauront fort bien l’utiliser.

Le suivi

Il a été très facile d’obtenir un rendez-vous avec « LA » meilleure gynéco de Bamako. J’en parle un peu ici. Le suivi, les échographies et tout le tralala n’était pas vraiment différent de ce que ça aurait été à Montréal. Tout ce temps, je me suis sentie bien entourée et en sécurité!

En vrac

Une balance dans les bagages, ça pèse lourd! Et à Bamako, ça coûte environ 100$ en acheter une. Bref, pas très facile de suivre l’évolution en poids de la bedaine. Ça fait un soucis de moins!

Le beurre de karité est l’un des (sinon le) meilleurs produits naturels pour la peau. En Occident, un petit tube contenant un faible pourcentage de karité coûte très cher. Au Mali, le karité est un produit d’usage courant et des coopératives de femmes vendent des contenant de beurre 100% karité pour 2 ou 3 dollars canadiens. On en trouve dans les épiceries de Bamako et dans divers hôtels qui vendent des produits locaux. Il faut se faire à l’odeur, mais comme crème anti-vergetures pour le bedon, c’est génial!

Les &(?$/ »!% de gendarmes couchés! Les panneaux STOP n’étant pas respectés, il y a des bosses de ralentissement à profusion sur les routes du Mali. Pire encore que les nids de poule, ils sont inévitables. Il faut s’y faire et tenter de voyager dans un véhicule qui a une bonne suspension.

Le gingembre est l’aliment par excellence contre les nausées de grossesse et, chose pratique, le jus de gingembre est très populaire au Mali. Vaut mieux éviter celui qui est vendu en sachets maison dans la rue, vu la qualité douteuse de l’eau et des conditions de préparation. Par contre, on en trouve facilement au supermarché (en poudre à mélanger soi-même ou déjà préparé). Pour ma part, la femme qui faisait le ménage à la maison s’est fait un plaisir de m’en préparer avec de l’eau filtrée, en y ajoutant un peu de jus de tamarin. Miam!

Je n’ai jamais eu l’impression que je mettais mon bébé en danger en me rendant en Afrique. Au contraire, je trouve que c’est une belle chance qu’il a d’avoir traversé des contrées éloignées avant même d’être né! J’espère que ça lui donnera des envies de voyage, de liberté et de nomadisme…

Bon voyage!

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