Archive for juillet, 2009

Archives – Voler des pommes en Lituanie

Vilnius, Lituanie – 22 août 2002

Ce matin, départ définitif de la Pologne par le train Suwalki-Sestokai. Ce train, mon sacro-saint Lonely Planet le décrit ainsi : « another less sane option to get to Lithuania » et « the legendary 50 km track that you will never forget »… rien de bien rassurant.

Le trajet fut tout a fait normal (deux longs contrôles de passeport, mais ça va!), quoique nous n’étions que quelques passagers à bord du wagon désuet, ce qui donnait à la scène un air de film western douteux. Le vrai truc dépaysant fut plutôt l’arrivée a Sestokai. Imaginez un Lituanien qui débarque tout seul à Chibougameau en 1940 et ça devrait ressembler un peu à ce dont j’avais l’air.

Sestokai, c’est un trou perdu. Mon train arrivait a 9h du mat et ma correspondance pour Vilnius repartait à 16h… Entre temps, la gare était fermée. De la voie ferrée, on entendait les vaches et les coqs de la ferme voisine. Les rues étaient désertes. Faire le tour du village au complet m’a pris moins de 30 minutes.  D’accord, je marchais un peu vite puisque je voulais à tout prix changer mon fric polonais contre des litas lituaniens et m’acheter quelque chose a manger… j’étais affamée.

Conclusion : pour l’épicerie, on oublie ça, le dépanneur, y’en avait pas non plus, et la banque, pas la peine d’y penser. Partout, mais absolument partout, ce n’étaient que des petites fermettes avec quatre ou cinq canards et deux ou trois vaches. Super mignon, mais pas très nourrissant. J’ai fini par voler deux pommes dans une cour où un pommier semblait très chargé. Et je me suis allongée sur mon paréo, dans l’herbe près de la gare, résolue à attendre que le temps passe et que le train arrive.

Après quelques minutes, des enfants curieux sont venus me voir. J’ai compris qu’il y avait bel et bien une attraction touristique dans le village : moi! J’ai passé quelques heures avec eux, à apprendre des mots de lituanien  (merci se dit atchou!). Ils étaient une dizaine autour de moi qui ne me lâchaient pas. Ils m’ont même offert des pommes (décidément, c’est la saison) et un bonbon à la menthe.

À l’ouverture de la gare, vers 15h, je n’ai pas pu acheter de billet de train : la madame du guichet regardait mes zloty polonais et ma carte Visa avec un air compatissant mais totalement impuissant. Puis elle a saisi son téléphone, sorti d’une autre époque -comme le reste du village-, a tourné la roulette, jasé en lituanien, conclu par un atchou bien senti et elle m’a dit d’une voix semi-rassurante « tra-i-nne! ok! ». J’ai cru comprendre que je pouvais quand même monter à bord. J’ai recommencé mon histoire avec la dame à l’intérieur du train. Devant mon désarroi, un passager japonnais m’a offert de payer le coût du billet vers la ville la plus proche, où il y aurait un guichet. Mais après quelques péripéties, j’ai réalisé l’impossible : acheter un billet de train en Lituanie avec de l’argent polonais en ne parlant que l’anglais. Il n’y a plus rien à mon épreuve!

Alors me voici a Vilnius pour deux jours encore. La capitale est fort dépaysante après le doublé rural Suwalki-Sestokai et mes impressions sont partagées… Les gens me semblent plus froids qu’en Pologne, mais je ne fais qu’arriver alors qui vivra verra. Ah oui, les lituaniens sont vraiment, vraiment, vraiment, vraiment beaux!

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Vacances d’ici – Lake Placid

Pas toujours besoin de franchir des océans pour explorer la planète. Voici donc une petite revue d’escapades estivales qui font changer d’air.

Première suggestion : Lake Placid

On débarque aux USA pour goûter à l’une de leur grande richesse, les majestueuses Adirondack. Ici,le paysage détonne.  Pourtant, on n’est pas plus loin de Montréal que lorsque l’on se rend à Québec…

Downtown Lake Placid

Downtown Lake Placid

Une fois les douanes de Lacolle traversées, par où commencer?

Il faut d’abord trouver où  se loger. L’Adirondak Loj offre camping et auberge au bord d’un petit lac sauvage, en plein coeur des montagnes. C’est ici : http://www.adk.org/ad_loj/ et c’est notre premier choix. Il faut par contre réserver tôt puisque nous ne sommes pas les seuls à apprécier l’endroit.

D’autres option campings sont disponibles ici. Nous avons testé le Whispering Campground, pas très loin du Mont Cascade… une alternative sympathique avec des sites isolés les uns des autres par de la végétation assez dense. Par contre, il est situé à proximité de le route et bien que le secteur ne soit pas hyper achalandé, les voitures se font entendre…

Pour les plus douillets, la ville de Lake Placid regorge d’hôtels de toutes les gammes et j’y ai même vu une auberge de jeunesse. Par contre, je ne saurai prodiguer de conseil à ce sujet, ayant toujours préféré l’appel de la tente et du feu de camp.

Ensuite, se sustenter. L’épicerie grande surface Price Choppers de Lake Placid est ouverte 24h/24 (vive les states!) et en plus de la bouffe, on peut aussi y acheter du bois moins cher que sur les sites de camping. Juste à côté, partageant le même stationnement, on trouve un magasin spécialisé en vin. Les économies, par rapport aux prix de la SAQ, sont notables. Un exemple : Un Pfizer 1.5 L à 14.99$, soit moins cher que la bouteille de 750 ml au Québec.

Lake Placid compte aussi bon nombre de restos, mais nous n’avons pas trouvé de petite perle où la bouffe serait à la fois saine, bonne et pas trop cher dans une ambiance sympathique. L’un de ces critères semble toujours manquer… je ne recommanderai donc aucun endroit et me contenterai de dire que le meilleur des repas mangé à Lake Placid fut un steak mariné à la sauce au fromage bleu (Price Choppers), cuit sur la braise du feu de camp. Avec le Pfizer à 14.99$ et des patates douces, enveloppées dans du papier alu et oubliées sous la braise pendant environ une heure… miam!

Qu’y faire?

Une fois les besoins primaires comblés, on se demande qu’y faire. Lake Placid, c’est le paradis des randonneurs.  À ce sujet, un sympathique site québecois s’impose. Un couple a colligé toutes les données relatives à leurs très nombreuses randonnées. C’est le site à Yvon (cliquer sur la section Adirondack, NY). D’autres excursions, moins exigentes physiquement sont aussi possibles. Les employés du magasin d’articles de plein air Eastern Mountain shop, sur la Main, s’avèrent très utiles pour offrir des suggestions. Vous pourrez même en profiter pour acheter la paire de bas qui vous évitera d’avoir des ampoules. Finalement, les moins en forme pourront se rabattre sur le téléphérique qui monte au sommet du mont Whiteface.

Unique

Lake Placid a accueilli deux fois les Jeux Olympiques d’Hiver, en 1932 et en 1980. De nos jours, bon nombre d’athlètes américains s’y entraînent. Alors, pour faire un peu différent, pourquoi par une descente en bobsleigh? Une visite des impressionnantes rampes de saut à ski?

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Après une dure journée de plein-air, les plus chanceux pourront profiter du Heart Lake, sur le site du camping Adirondak Loj. Les autres auront toujours au moins accès à la plage municipale du Mirror Lake, en plein centre-ville.

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Voilà. Bon été et amusez-vous!

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Archives – Guide alimentaire vanuatais

Port-Vila, Vanuatu – 13 février 2006

Le département où je travaille organise souvent des ateliers pour les femmes sur des sujet comme la santé, la politique, etc. Je suis tombée tout à l’heure sur l’équivalent d’un guide alimentaire du Vanuatu distribué lors de l’un de ces ateliers. Vous vous souvenez des quatre groupes alimentaires canadiens que l’ont croyait sacrés et intouchables? Eh bien au Vanuatu, c’est un peu différent.

Ça s’intitule « FOOD CATEGORIES »

1. Meat – Jusque là, ça va

2. Sea Foods

3. Shellfish

4. Squid and Octopus

5. Sea Cucumber (A good source of protein and calcium) – Vous saviez pas hein?

6. Sea Weeds

7. Nuts

8. Vegetables

– Manioc
– Breadfruit
– Yam
– Taro
– Kumala
– Pumpkin
– Banana
(Ai-je besoin de mentionner que le brocoli et les pois verts, ça n’existe pas?)

9. Baking and breads

Le document contient aussi plein de conseils essentiels pour l’apprenti cuisinier… Puisque je suis certaine que vous mourez d’envie de parfaire vos aptitudes culinaires, en voici quelques-uns (j’ai gardé l’anglais intact pour son charme brut) :

– If tough, tenderise/soften meat by wrapping in green pawpaw (papaye) leaves before cooking.

– Prepare Squid and Octopus properly to make tender by :

Squeezing with raw pawpaw juice and leaving at least 30 minutes before cooking
Hitting it with a flat piece of hard wood – vous en redemanderez des nouvelles à votre voisin d’en dessous!

– Do not eat nut which have too strong a taste

– Breadfruit leaves : cook young

– NEVER eat manioc leaves raw as they are poisonous – Compris?

– Using cooking methods which don’t let air or water touch the yams is best for your health – Cconsommation idéale sur la planète mars!

– Too much baking and breads causes diabetes and should be avoided.

Hé ben!

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Mali: «L’étranger est roi»

Mon enthousiaste texte sur les charmes touristiques du Mali, publié dans l’Express de Toronto la semaine dernière.

Mali: «L’étranger est roi»

Une promenade dans le désert à dos de dromadaire. Une excursion au pied d’imposantes falaises jadis peuplées de curieux petits hommes. Une tranquille balade en pirogue sur le fleuve Niger au coucher du soleil… Oubliez les girafes et les lions, le Mali n’est pas une destination safari. Mais pour quiconque rêve de vibrer au rythme de l’Afrique profonde, hors des sentiers battus, ce pays peu banal s’impose.

Bamako est l’inévitable porte d’entrée au Mali. À l’arrivée, ce sont surtout les échoppes de bois et de tôle rapiécés aux abords des routes qui frappent l’œil. Elles vendent autant de tissus et d’amulettes que de pièces automobiles usagées et de sacs de riz, le tout dans un grand bric-à-brac désorganisé, fréquenté par une horde d’acheteurs. Sur les boulevards, c’est la cohue. S’entrecroisent des milliers de motos ralenties par des charrettes tirées par des ânes et des minibus verts bringuebalants, tandis qu’une symphonie de klaxons se fait entendre. Bordélique, mais chaleureuse, il faut prendre le temps d’explorer cette capitale pour en apprivoiser les contrastes.

Mais c’est dans ses régions que le Mali déploie ses plus intéressants attraits. Escalade à Hombori, festival sur le Niger à Ségou, plus grand édifice en terre crue adobe au monde à Djenné… les choix abondent. En voici trois particulièrement dépaysants.

La falaise de Bandiagara, nichée au coeur du pays Dogon, fascine les ethnologues depuis des siècles. D’improbables villages se dressent dans cette paroi rocheuse. On raconte que les Tellems, une race de petits humains, y habitaient autrefois. Aujourd’hui, les croyances animistes sont encore bien présentes. Après une randonnée pédestre à la découverte du territoire, on peut se reposer en étant témoin d’une cérémonie de danses des masques. Des campements bon marchés parsèment la région, ce qui facilite la vie des voyageurs.

À Mopti, ne cherchez pas le marché sur la carte. C’est toute la ville qui est envahie par les vendeurs. Les odeurs, les couleurs et les saveurs abondent. Plus conviviale que Bamako, Mopti est située au confluent de deux fleuves, d’où son surnom de Venise malienne. C’est un excellent endroit pour se procurer de l’artisanat, mais aussi pour faire une balade en pirogue au coucher du soleil ou pour déguster une Castel, bière locale, sur une agréable terrasse.

Tombouctou est à la hauteur de sa réputation de bout du monde. La cité mythique, au cœur du Sahara, accueille chaque année des caravanes d’hommes du désert et de dromadaires qui y transitent lors de ce qu’on appelle «la route du sel». Il est d’ailleurs facile d’y dénicher un guide pour une virée à dos de dromadaire dans le désert, suivi d’une nuit à la belle étoile dans un campement touareg. Ne pas oublier de prévoir une journée ou deux pour découvrir les vestiges de ce qui fut jadis le plus grand carrefour des civilisations en Afrique.

Se déplacer

Au Mali, se déplacer est un voyage en soi. Il faut s’attendre à d’intéressantes rencontres et à beaucoup d’imprévus.

L’autocar est assez rapide… en théorie! S’arrêter pour une crevaison, pour la prière ou pour un repas interminable à une heure incongrue n’est pas rare. L’acclimatation au rythme africain fait partie de l’aventure.

En pinasse, on tâte le pouls de l’Afrique profonde et l’on accède à des endroits très reculés. La lenteur est de mise et l’on profite du paysage sahélien qui défile tranquillement sous nos yeux. Les éleveurs peuls côtoient les pêcheurs bozos et les agriculteurs bambaras. Entre les huttes de banco, les villageois vaquent à leur quotidien et sont ravis d’avoir des visiteurs.

Les plus pressés pourront se rabattre sur l’avion. Deux compagnies aériennes privées sillonnent le ciel malien. Et pour ceux qui seraient un peu tristes de ne pas utiliser un mode de transport traditionnel, ils pourront se consoler puisqu’en Bambara, la langue la plus parlée au Mali, avion se dit «pankurun», ce qui signifie littéralement «pirogue volante».

Accueil africain

Au-delà de la richesse du paysage, ce sont les Maliens qui font du Mali l’une des destinations les plus accueillantes sur la planète. Ouverts et sympathiques, ils mettent sans cesse en pratique le dicton qui veut que dans leur pays, l’étranger est roi. Il ne faut donc pas hésiter à s’aventurer hors des sentiers touristiques. Peur de se perdre en empruntant un minibus public? Tous les passagers à bord se démèneront pour vous indiquer où descendre. Vous ne savez pas vraiment quoi commander dans un petit boui-boui? Des clients attablés vous feront volontiers goûter les plats qu’ils se partagent. Intrigué par la façon dont les gens vivent? Proposez à quelqu’un d’aller partager le thé chez lui, il y verra un grand honneur.

Le Mali étonne, dépayse, marque à jamais ses visiteurs. Pas étonnant qu’on y croise bon nombre d’occidentaux, amoureux du pays, qui y sont revenus jusqu’à s’y établir…

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