Archive for juin, 2009

Archives – La Mongolie le ventre vide

En fouillant dans mes archives yahoo, un texte qui surgit. Jamais envoyé, pas de destinataire indiqué. Écrit pour moi-même, à un moment où j’avais besoin de ventiler.

Je ne me souvenais plus avoir tapé ces mots.

Une idée : publier ici quelques souvenirs de voyage. Des écrits passés, glanés dans les entrailles de mon compte courriel.

Voici donc le chapitre un de ces archives de voyage. Exit la carte postale, ce n’est pas très joli. Mais c’est celui qui est apparu par hasard aujourd’hui, alors le voici.

******************************************************

Ulaanbaatar – 16 août 2004

L’enfant marchait a ses côtés, la suivait, bien malgré elle. Il devait avoir 7 ans, peut-être 8… L’âge où l’on commence à comprendre un peu la vie. Elle était américaine, grosse et laide. Un stéréotype ambulant. Il a demandé quelque chose. Elle s’est arrêtée, s’est penchée pour être a la hauteur du visage sale du gamin et a retiré ses lunettes fumées pour bien le voir. Puis elle a hurlé : « NOOOOO! ». J’ai sursauté. Le petit a changé de direction. L’Américaine a échappé un soupir de soulagement, a repris la main de son mari et ils ont poursuivi leur route, enfin libérés du facteur dérangeant.

Je n’ai pas entendu ce que le gamin demandait, mais ca devait être « money, money ». Mots d’anglais appris de quelques copains dans la même situation, voués a mendier auprès de ces étrangers qui envahissent la capitale mongole durant l’été.

On peut dire non à un enfant qui quête. On peut même justifier ce non, dire qu’il ne faut pas contribuer à créer une dépendance, qu’il vaut mieux donner à un organisme… Il y a plein de bonnes raisons de dire non à un enfant qui demande de l’argent.

Ils sont quelques milliers à Ulaanbaatar. L’hiver, ils dorment dans des égouts pour ne pas mourir de froid. L’été, ils prennent d’assaut Peace Avenue et partent a la recherche, on fait comme on peut avec ce que l’on a, de touristes prêts à les prendre un peu en pitié.

Elle a gueulé comme on gueule pour faire fuir un chien. Il demandait peut-être « money, money », mais il est aussi probable qu’il pointait en direction du kiosque de fruits. « Achète-moi quelque chose à manger », qu’il aurait dit, s’il avait pu parler la langue des occidentaux. Ces enfants sont laissés à eux-mêmes et ils ont faim. Hier, je sortais de l’épicerie et ils étaient quatre. Ils m’ont encerclée et m’ont suppliée en me disant, en mongol, des trucs que je comprenais malgré tout trop bien. L’un d’eux tentait de me pousser vers l’épicerie pour que j’y retourne leur acheter à manger.

Haut le cœur.

On peut dire non à un enfant qui mendie, mais pas à un enfant qui dit j’ai faim. Il ne voulait pas des sous, mais du pain. Putain de monde.

Elle en avait probablement marre. Il n’était certainement pas le premier de la journée, pas le dernier non plus. Ils savent être insistants et c’est vrai qu’après le malaise des premiers non, un sentiment d’exaspération peut naitre. Mais merde… un gamin le ventre vide.

Publicités

Laisser un commentaire

Images du Mali

HOME

On peut en trouver le contenu plutôt convenu, être pour ou contre son financement privé, mais il reste que le film de Yann Arthus-Bertrand offre de sacrées belles images de notre planète. Et le Mali aussi a été sillonné! À 00:19:03, on apperçoit le pays Dogon, à vol d’oiseau. L’imposante falaise de Bandiagara apparaît dans toute sa splendeur. C’est la première fois que je vois des images qui lui rendent autant justice. Bon, ce ne sera jamais comme y aller, mais ça offre quand même un joli aperçu.

http://www.youtube.com/watch?v=NNGDj9IeAuI

HOME MADE

Dans un registre un peu moins professionnel et avec absolument aucune prétention cinématographique, j’ai fait un petit montage melting-pot d’images de mon quotidien au Mali, tourné à Mopti et au village. C’est là :

Laisser un commentaire

Dring dring

6h30 ce matin

Dring Dring
Allô?
Clac.

6h35

Dring Dring
Allô?
Clac.

6h37

Dring Dring
Allô?
Clac.

Les Maliens ont l’habitude de se « bipper ». Le fonctionnement est simple : je n’ai plus de « crédit » sur mon cellulaire ou je suis trop cheap pour vouloir en dépenser, mais je veux te parler. Je t’appelle et dès que tu réponds, je raccroche (la facturation à la seconde existe encore, en Afrique). Tu es curieux de savoir ce que je te veux, alors tu rappelles. Facile.

6h42

Dring Dring
Allô? Allô? C’est qui?
Clac.

Morale de l’histoire : si vous n’avez pas d’afficheur à la maison, ne donnez pas vote numéro de ligne fixe à un malien.

Laisser un commentaire