Archive for février, 2009

Quotidien

Petite visite de routine à Mopti… Quelques minutes pour relater un peu le quotidien malien.

On est bien installé dans notre super duplex africain qui consiste en deux habitations de deux pièces chaque, le tout en banco (argile + sable + paille). Les filles d »un bord, les  garçons de l’autre. Ces derniers partagent par contre leur demeure avec toute la bouffe et dorment en rêvant aux oignons qui embaument l’air ambiant…

Nos voisines les chèvres.

Dans notre cour avant, nous avons un enclos fait de branches épineuses. Le jour, il est vide. Le soir, environ 150 chèvres rentrent au bercail et s’y entassent. Voici une grande vérité de la vie : 150 chèvres réunies, ça rote et ça pète allègrement! Et rrrrrrr et prout et alléluia!  L’autre nuit, une maman chèvre a même donné naissance à un petit… on a eu droit au spectacle sonore en direct. Le lendemain, elle est restée dans l’enclos pour se reposer pendant que les autres sont parties brouter de l’autre côté du fleuve asséché. Très touchant de la voir apprendre les rudiments de la vie de chèvre à son petit bébé tout blanc.

Les enfants.

Ils sont aussi nombreux que les chèvres et ils nous aiment. Nous sommes leurs idoles, leurs amis, leur spectacle ambulant. Ils sont toujours là. Avoir 20 spectateurs qui me suivent quand je vais cracher ma pâte à dents de l’autre côté du muret de pierre me semble désormais normal. Je suis une genre de superstar au Mali! Ils scandent mon nom quand ils me voient. Ils veulent tous une photo avec moi. On commence quand même à les connaître et ils sont super attachants.

Marina.

À Sambara, il n’y a pas d’électricité. Pas vraiment de téléphone non plus… sauf en fin d’après-midi, alors qu’on peut attraper le réseau sans fil qui est parfois disponible sur le troisième piquet du côté gauche de la clôture à bétail à côté du terrain de soccer. Par contre, à Sambara, il y a Marina. Marina, c’est un soap brésilien du genre Dallas et chaque soir, entre 100 et 200 personnes se réunissent dans la cour du maire à 19h15 précisément. À ce moment, la seule génératrice et la seule télévision du village fonctionnent à plein régime et tous les yeux sont rivés sur les histoires familiales tordues d’une richissime famille brésilienne. Les filles du groupe sont désormais des adeptes de cette activité inévitable dans le quotidien sambarien!

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Dans la catégorie ça n’arrive qu’en Afrique :

Se réveiller le matin avec l’estomac dans les talons. En route vers la toilette, se faire proposer d’aller à un baptême. Refuser (o’oohon, vous vous souvenez?) et avoir dit oui malgré soi. Arrivé au « baptême », se faire asseoir sur une natte avec une cinquantaine de femmes aux habits colorés qui vous observent en souriant et en parlant de vous en peul (on reconnaît quand même son nom, dans une langue étrangère!) Sans être sûr que c’est le bébé baptisé, recevoir un poupon dans les bras… et se faire dire : ce bébé portera ton nom. Voici Walama Sandra Samaké. Elle est superbe, je vous le jure! tellement belle avec ses doigts immensément longs et ses pieds de géante! Elle sera une vraie gazelle. Je vais maintenant la visiter chaque jour… Sa maman est très gentille et s’en occupe comme d’une petite poupée.

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C’est tout le temps que j’ai… la suite à la prochaine visite mopticienne!

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L’éléphant qui n’avait pas de queue

Je suis Wala Samaké.

J’ai appris que Wala, en peul, ça veut dire « Il n’y a pas ».

Samaké, en Bambara, c’est « la queue de l’éléphant ».

Bref, mon nom signifie, pour les bilingues peul-bambara :  il n’y a pas de queue d’éléphant.

Amusant.

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Chronique malienne

Mes stagiaires sont arrivés, tous en un morceau, il y a une semaine. J’adore redécouvrir le Mali à travers leurs yeux! Tout le monde va bien et s’amuse beaucoup.

On est à Mopti depuis 6 dodos, logés dans notre super maison au bord du Bani.  On a chaque soir droit à un incroyable coucher de soleil au rythme des pirogues qui coulent doucement sur les eaux du fleuve. Yero, un voisin qui garde des singes et des tortues géantes nous prépare sans cesse du thé (je crois bien être déjà accro!) et nos cuisinières, Dico et Anta, mijotent des petits plats succulents. Entre les formations sur le compost, les foyers améliorés et le séchage solaire, on se promène en ville, on mange (beaucoup!), on jour au foot et on joue au carte… Le paradis!

Rue mopticienne animée, avec la mosquée en arrière plan
Rue mopticienne animée, avec la mosquée en arrière plan

Coucher de soleil sur le fleuve Bani, à Mopti
Coucher de soleil sur le fleuve Bani, à Mopti

Le fleuve, qui sert de moyen de transport et de... lave-auto
Le fleuve, qui sert de moyen de transport et de… lave-auto

Jamais je n’aurais cru cela, mais la nuit, on gèle! Il fait 12-14 degrés, dans une maison pas isolée… Tout un contraste avec les 38 degrés qu’on atteint durant la journée.

On quitte demain pour Sambara et je prévois un accueil assez impressionnant. Ici, on dit que l’étranger est roi et ça se sent! Les gens sont hyper curieux de nous connaître, d’échanger, de partager. C’est vraiment agréable.

J’ai fait l’épicerie aujourd’hui! Toute la journée à marchander. J’ai acheté :
– 100 kg de riz
– 30 kg de mil
– 20 kg de maïs
– 50 kg d’oignon
etc.. (les .., c’est pour toi, Mig. Tu peux les partager avec tous les architectes du monde!)

Bref, tout un panier d’épicerie!

Salimata vend des tomates
Salimata vend des tomates

On a aussi acheté une panoplie complète de marmites, de nattes tissées, de sceaux en plastique, etc. Et comme tout se marchande, ça prend une éternité. Dire que l’un de mes objectifs en revenant en Afrique était de casser un peu avec le rythme de consommation nord-américain. En tout cas, c’est raté pour aujourd’hui.

On a aussi fait quelques cours de Fulfulde (Peul). Voici comment on dit oui : O’OOHON et voici comment on dit non : OOHON. Je vous laisse imaginer la suite! C’est vraiment pas évident, la grammaire et la syntaxe sont très complexes. Je parle aussi Bambara dans la rue (mon Bambara recyclé de mon stage en 2001), sans compter le russe avec l’un des employés de l’ONG avec qui on travaille, et l’espagnol avec les médecins cubains qui travaillent ici en coopération. Tout un cocktail de langues dans lequel je me perds assez vite, ce qui donne du russo-bambara ou du bamba-fulde ou du espagno-bara…

Le Mali gaspésien

En terminant (avant un bon petit bout puisqu’au village, il n’y a ni internet, ni ordis, ni même électricité), voici, pour les gens de chez moi, quelques observations sur ce Mali que je trouve parfois très…. gaspésien!

La terre rouge

D’abord, comme le sol gaspésien, la terre ici est rouge. C’est superbe, surtout en fin d’après-midi, les couleurs explosent littéralement!

Les surnoms

Si tout le monde dans votre village connaît Quequin, Pepite et Quenoche (d’ailleurs, qui connaît leur vrais noms?), eh bien dites-vous que c’est la même chose pour Néné, Babi et Gogo, leurs cousins maliens!

Manger avec la main

Certains gaspésiens (je ne nommerai personne!), aiment bien manger avec leurs doigts, quitte à piquer la bouffe avec la fourchette pour ensuite la prendre avec les doigts avant de manger. Même chose ici, fourchette en moins. On mange à la main dans un grand bol partagé (à chacun son p’tit coin… pratique pour repousser ce qu’on aime moins!).

Une grosse

Ici aussi, prendre une grosse bière dans un bar, c’est cool.

J’en aurais un peu plus, mais le temps manque!

À bientôt… ou jam wala’hin, comme on dit en Peul!

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