Archive for janvier, 2009

Y Être

Ça y est, je suis a Mopti. Après une escale a Casablanca, 2 jours dans la poussiéreuse Bamako et un vol avec la douteuse Mali Air Express, nous sommes dans la région qui nous accueillera pour quelques mois.

(désolée pour les accents, il n’y en a pas. WordPress en corrige quelques-uns, mais pas tous… Sophie, ne t’en fais pas, ce n’est pas par « soucis de compatibilité », comme le dirait si bien notre ami!)

Casa

D’abord, déboulonnons le mythe. Je m’attendais a du sable a perte de vue, mais le Maroc (ou du moins cette région) est vert de chez vert! Vu du ciel, on dirait un grand pâturage. Les marocains rencontres on été d’une gentillesse spontanée très agréable. On m’avait préparé a la sollicitation extrême, mais les vendeurs du marché étaient au contraire très polis et avenants. Peut-être était-ce du au fait qu’une grosse mama africaine nous accompagnait? Nous avons en fait rencontre une dame malienne en escale a Casa et son fils, qui étudie la-bas, nous a servi de guide toute la journée. J’ai franchement déjà hâte a mon retour dans ce pays, en avril, pour en voir davantage.

Fait cocasse, tous nous adressaient la parole en Anglais et refusaient de croire qu’on est francophone.

Puis le Mali…

A trois heures du matin, j’ai retrouvé le pays que j’avais quitte en 2001. La même cohue. Le taxi qui refuse de démarrer et qu’il faut pousser. L’odeur de sable chaud. Puis le lendemain matin, le rouge de la terre qui se mélange au vert des arbres et au bleu du ciel. Les femmes qui marchent fièrement, portant tout et n’importe quoi sur la tête. Le soleil qui brille! Les chèvres qui se promènent librement en plein centre-ville… Ce pays est magique, tellement beau!

On a été accueillis par la famille du président de l’organisme partenaire. Des Maliens résolument modernes et ouverts.

D’ailleurs, histoire de recentrer un peu le débat sur le sapin de Noël rebaptisé arbre des fêtes : j’ai vu, dans le salon de cette famille, un sapin artificiel affublé d’une guirlande déglinguée.

Moi : C’est quoi ca?
le malien : C’est le sapin de Noël! Il y a ça chez vous, non?
Moi : Oui… mais ici, vous êtes musulmans, non?
le malien : Oui, mais j’ai des amis chrétiens alors nous on a aussi fêté un peu Noël.

Bref, les accommodements raisonnables ne semblent pas trop problématiques dans ce pays!

Il ne reste que quelques jours avant l’arrivée des stagiaires. L’autre accompagnateur et moi retournons a Bamako mercredi pour les accueillir. D’ici la, je profite du fleuve de Mopti (la « venise malienne ») et de l’accueil incroyable des gens qui nous font vraiment sentir chez nous. Nous visiterons aussi Sambara et le village de l’autre groupe en début de semaine.  J’essaierai de trouver un moyen de publier quelques photos d’ici le depart du groupe en brousse.

K’am be!

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Les départs

Partir… le mal inévitable pour transiter vers une arrivée, vers un ailleurs. Demain à Casablanca, jeudi à Bamako. La grande aventure est commencée!

Pas facile de laisser les proches derrière, mais retrouver l’Afrique, ses odeurs, ses couleurs, ses sons… j’ai hâte! J’espère être en mesure de mettre ce blogue à jour au fil de mes péripéties. Vous faire goûter à mes aventures.

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La vie manque parfois de timing. C’est en célébrant mon départ vers le Mali que j’ai eu vent du fatal plongeon. De ceux qui partent, il faut se souvenir… Oli, ton esprit en constante ébullition m’a un jour touché. J’en garde la marque à jamais, promis.

Ciao, Nuino!

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Être ou ne pas être… Walama?

Depuis que je sais que je retourne au Mali, une question me hante: comment est-ce que je m’appelle?

En 2001, quand nous sommes arrivées à Dialakoroba, c’était la fête. Djembés, danses africaines, tissus colorés… le village entier était réuni à la place du marché pour nous baptiser. C’est la coutume au Mali : les étrangers reçoivent un nom malien. Et c’est bien pratique! Les maliens font ce qu’ils appellent du « cousinage ». Pour marchander, pour tisser des liens, avant de demander une info, on demande le nom de famille à son interlocuteur. Je suis Samaké et tu es Coulibaly? Tu dois réduire ton prix, puisque tu n’es qu’un mangeur de haricots (quelqu’un qui pète!). Certains affirment même que c’est grâce au cousinage que le Mali a résisté aux guerres civiles.

Alors voilà, en 2001, j’ai été baptisée Walama Samaké. Du nom de la plus vieille femme du clan qui m’accueillait. Je me suis même rendue à Bamako pour rencontrer la Walama en question qui, bien ancrée sur son fauteuil berçant, était très fière de me donner son nom. Le problème, c’est que je n’ai jamais aimé le prénom Walama. Trop mou, trop walmart, trop « mââââ », trop je sais pas. Je préfèrais les Soumba, Kemissa et Kadiatou dont avait hérité les autres stagiaires.

Je retourne au Mali. Dois-je changer de nom? Ce serait un peu une insulte pour feu Walama Samaké. Mais j’ai, cette fois-ci, l’occasion d’avoir un nouveau nom, peul celui-là, de la région moptienne (et ils sont cool, les peuls, ces éleveurs nomades). Changer son nom, est-ce permis?

Puis aujourd’hui, l’illumination. Je serai Wala!

Wala Samaké. Comme ça, pas de mâââââ. Et Wala, ça sonne bien, non?

Je suis bien contente de conserver, en même temps, le Samaké. Je n’aurais tout de même pas souhaité hériter d’un nom de mangeur de haricots!

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Les cent jours

En calculant le nombre de pilules anti-malaria requises pour mon périple, j’ai découvert que je serai partie pendant 100 jours. Du 27 janvier au 6 mai : 100 dodos. Pas un de moins, pas un de plus. Cent jours pile.

Alors voilà, à six jours du grand départ, mes bagages sont loin d’être terminés, mais j’ai finalement un nom et ce blog a désormais un titre : Les cent jours de Wala!

Kam’bè!

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